Photo Khalid faisant du Handibasket

Khalid Ennadi, symbole d’une vision méliorative du handicap dans le sport

Membre et président du Saint-Ouen handibasket, Khalid Ennadi est handicapé moteur. Que ce soit anciennement au haut-niveau ou de manière plus sporadique maintenant, il semble avoir trouvé son équilibre et sa place grâce au sport, et peut ainsi dédramatiser son handicap pour ne pas le subir. Portrait.

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Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le handicap que vous avez ? 

J’ai eu la poliomyélite en 1965 au Maroc. J’ai grandi en France, j’ai fait des centres handicapés par la suite. Entre la rééducation, l’école, les animations, et plus tard, la découverte du sport en basket-fauteuil, les voyages à l’étranger, je garde un bon souvenir de tout ça.

Est ce que le but est aussi d’être entouré de gens qui sont “comme vous”, qui comprennent ce que vous ressentez et tenter de se reconnaître en d’autres ?

C’est vrai que quand on rencontre une autre personne qui a un handicap, même si il y en a différents au handibasket, on se retrouve, on se comprend, on a pas besoin d’en parler on sait les choses. Mais après, le but c’est aussi de s’amuser et de se faire plaisir.

Est ce que votre handicap vous a permis d’accéder à des choses dans la vie que vous n’auriez sûrement jamais connu si vous aviez été valide, que ce soit des rencontres ou des voyages ?

Le but n’est pas de tirer le trait car un handicap n’est pas une force, ça c’est la société de maintenant qui te fais dire que c’est une force, c’est psychologique, qu’on compense ailleurs. Dans mon cas, je préfère être valide. Le sport m’a aidé. J’aurai aimé faire du sport valide. Parce que j’aurais aimé courir sur une plage, chose toute simple que je ne peux pas faire. Ca c’est la chance que les valides ont, et que je n’ai pas.

Est-ce que le sport vous aide à accepter votre handicap, à passer outre ?

Oui, le sport permet ceci mais c’est surtout d’avoir un handicap et de faire quelque chose comme les valides. Parce que se surpasser, c’est plus sur le terrain, sur le niveau de jeu. C’est comme ça que je le faisais plus jeune. Ce qui m’intéressait, c’était de réussir, d’être un bon joueur. Mais mon handicap, je n’y pensais pas.

Vous entraînez-vous dans une optique d’oublier votre handicap ? 

Non. On vient pour faire du basket et s’amuser. On ne peut pas venir dans une démarche de l’oublier, car, quoi qu’il advienne, le handicap est là. On est obligé d’y penser, en mal ou en bien. Mais il est là.